19 Mai 2025
Tout le monde savait pour Bétharram, on a tu les faits pour éviter le scandale. Comment peut-on confier l’éducation de nos enfants à une école privée sans se préoccuper de ce qui s’y passe et de la qualité de l’enseignement. Le rapport d’inspection de 1996 en parler, mais pas dans ses conclusions pour éviter le scandale.
En fait, outre les violences corporelles ou sexuelles, c’est la manière de concevoir l’éducation des enfants qui doivent obéir et se soumettre, qui est en cause : on parle de mettre en pension les enfants récalcitrants, de véritables maisons de redressement et c’est cette attitude de droite conservatrice qui bien sûr est condamnable.
De même pour le collège et lycée Stanislas, tout le monde savait. Il a fallu un scandale pour enfin faire une inspection réelle en 2023. Le rapport d’inspection est clair, mais la lettre de présentation de Caroline Pascal, cheffe à l’époque de l’inspection générale (devenue depuis la numéro deux du ministère en qualité de directrice générale de l’enseignement scolaire) qui fait office de note de synthèse auprès du ministre ne reprend pas tout à fait le contenu du rapport et n’a fait l’objet d’aucune relecture collective dans sa version finale. D’où la défense de l’inspection générale « « le rapport d’inspection n’a fait l’objet d’aucune modification après sa validation collégiale » et que « toute modification de la lettre de transmission n’a aucune incidence sur la portée du rapport en lui-même ».
Le rapport révélait « des dérives dans l’application du contrat d’association », avec notamment le caractère obligatoire de la catéchèse, contraire à la loi, et un contournement de la réforme du lycée ; des « impasses » dans les programmes de sciences de la vie et de la Terre ; des « choix et des comportements qui entretiennent les stéréotypes de sexe », avec « des activités séparées et genrées filles-garçons » et une « attention particulière à la tenue des jeunes filles empreinte de sexisme » ; ou encore « une place des garçons et une culture de la non-mixité qui peuvent favoriser un climat propice à l’homophobie ». Malgré ces conclusions préoccupantes, le directeur de Stanislas de l’époque, Frédéric Gautier, s’était exprimé pour assurer que l’éducation nationale n’avait pas trouvé de preuves d’un climat homophobe, sexiste et raciste. Pour asseoir sa défense, il ne citait pas le rapport, mais le courrier de synthèse désormais contesté par l’inspectrice.
Pour le lycée Averroès, lycée musulman du Nord de la France dans, il n’y a pas la moindre hésitation on lui a enlevé sa subvention. J’ignore si c’était justifié. En tout cas le tribunal administratif de Lille a décidé, mercredi 23 avril, d’annuler la décision de la préfecture du Nord qui privait le lycée musulman lillois Averroès de contrat d’association avec l’Etat et la ministre de l’éducation, Elisabeth Borne, a annoncé, mardi 28 avril, son intention de « faire appel ». Acharnement, deux poids deux mesure, ou simple précaution ?
Il est indispensable que l’Etat reprenne le contrôle de ce qui passe dans toutes les écoles privées avec des exigences strictes sur l’éducation des enfants, et des contrôles réguliers et transparents. On ne peut pas laisser l’éducation des enfants aux mains de groupement religieux, sectaires ou autres sans un contrôle strict. Ce qui conduit à obligation de contrats avec l’Etat et contrôles stricts.
Et en parallèle l’Etat se doit de mettre en place une école publique de qualité.
C’est tout le contraire de ce qui se fait.
Marc-Noël Vandamme