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La table ronde de la gauche

La sécurité sociale fête ces 80 ans

 La « Sécu » soutient les Français face aux grands aléas de la vie, notamment la maladie et la vieillesse, mais aussi les accidents du travail ou le handicap, en assumant tout ou partie des dépenses afférentes et en conduisant les politiques de prévention.

Son principe fondamental est la redistribution : chacun y contribue selon ses moyens et en bénéficie en fonction de ses besoins. » Le Monde du 4/10/2025 

« C’est un grand choix de solidarité entre les bien portants et les malades, les jeunes et les vieux, les riches et les pauvres », explique Benjamin Ferras, haut fonctionnaire, enseignant et coauteur, avec Julien Damon, de La Sécurité sociale (Que sais-je ?, Presses universitaires de France, 2015).

En 2024, la « Sécu » a dépensé 643 milliards d’euros, soit 22 % de la richesse nationale annuelle, et a collecté 628 milliards. Son déficit s’est donc établi à 15 milliards d’euros, toutes branches confondues.

à noter le rééquilibrage des comptes sous le quinquennat 2012-2017

 

« Le choix par l’État de recourir au marché plutôt qu'à la Sécurité sociale l'a conduit à développer un ensemble de règles afin de concilier impératif de solidarité et logique marchande. » L’organisation de la santé en France depuis 1967 : Vers un gouvernement marchand ? Thèse soutenue le 9/12/2021 Victor Duchesne maitre de conférences au centre d’économie de Paris Nord.

voir aussi la tribune des échos du 2/11/2025 de Frédéric Brizard professeur d'économie affilié à l'ESCP Europe et enseignant à Paris Dauphine. Il est Président fondateur de l'Institut Santé.

 

Focalisons-nous sur la branche santé (la branche vieillesse étant largement débattue par ailleurs avec le système de retraites)

Les objectifs à rechercher en termes de santé sont de contribuer à la mise en œuvre d’un système de soins efficient, c’est-à-dire apte à délivrer des services de qualité au meilleur coût, et de rendre le système de soins équitable, c’est-à-dire apte à couvrir l’ensemble de la population et éviter ainsi les phénomènes de non-accès et de non-recours aux soins, facteurs qui aggravent les inégalités.

Si nous prenons la branche santé, on peut se poser trois questions :

  • Est-ce que la population est bien couverte par l’assurance maladie qu’elle offre ?
  • Est-ce qu’il permet « d’optimiser » les soins qui sont apportés à la population ?
  • Est-ce que les coûts de gestion sont exorbitants ?

Si on compare aux Etats-Unis voir étude du 16/05/2023 fondation Jean Jaurès

  • Le système de soins est plus adapté en France (un des indicateurs parmi d’autres l’espérance de vie : de 82.5 ans en France contre 76.1 aux Etats-Unis)
  • Une couverture de soins plus large. « Le système français est aujourd’hui universel alors que la couverture des Américains est très hétérogène et varie selon le lieu de résidence, le niveau de revenus, la situation professionnelle, la situation familiale et l’état de santé. ». « Les Américains sont ainsi 22% à déclarer avoir renoncé à des consultations médicales pour raisons financières dans les douze derniers mois. En France, le taux de renoncement aux soins médicaux pour raisons financières est de 2%. »
  • Les dépenses de santé sont nettement plus faibles. « Les États-Unis sont le pays qui dépense la plus grande part de son PIB pour la santé, soit 17,8% en 2021. La France est le troisième pays le plus dépensier, mais elle n’y consacre que 12,3% de son PIB (l’Allemagne est le numéro 2 et accuse également un décrochage avec les États-Unis avec 12,8% de son PIB). » La sécurité sociale exerce une forte pression sur la tarification des prestations de santé : coût de visites médicales, tarifs des médicaments, pression sur l’hôpital public, …
  • Les dépenses de gouvernance sont nettement plus faibles. En 2020, elles représentent 9% de la DCSi (dépenses courantes de santé en sens internationale) aux États-Unis contre 5,4 en France. De même les coûts de gestion de la sécurité sociale sont plus faibles que les coûts de gestion des mutuelles de santé (effet de taille).

Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas à rechercher des améliorations : lutte contre les fraudes, contre les gaspillages, effet négatif de la tarification à l’acte des hôpitaux, valorisation des carrières médicales, lutte contre la désertification médicale, meilleure coordination médecine de ville/hôpital, adaptation du système de financement, et surtout développement des politiques de prévention (vaccins, médecine de proximité scolaire et de travail, analyses systématiques, …)

Les démocrates américains (dont l’Obamacare) ne cessent de lutter contre les lobbies de tout poil (assurances, industrie pharmaceutiques, laboratoires, …) et leurs soutiens républicains (Trump en tête) pour rendre plus social leur système de santé. Alors, de grâce, ne cassons pas un système qui présente tant de vertus pour « marchandiser » la santé comme cela se fait aux Etats-Unis.

 

Marc-Noël Vandamme 

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