5 Décembre 2025
Les municipalités et communautés d’agglomération ont un rôle essentiel dans cette transition écologique nécessaire à notre planète et à la qualité de vie de ses habitants. Ces quelques lignes pour en souligner certains aspects.
Avant toute chose, il serait bon de savoir quelles sont l’empreinte carbone et la contribution à l’émission de gaz à effet de serre de la ville (habitants, entreprises, et installations publiques).
Cet audit énergétique permettrait de cibler les actions à entreprendre et de mesurer les effets de ces actions : plan de transition énergétique. Ce plan accompagné d’un plan de communication lancerait une dynamique de progrès auprès de l’ensemble des acteurs.
Sans cette vue d’ensemble, les actions que l’on pourrait entreprendre iraient certes dans le bon sens, mais sans que l’on soit capable d’en mesurer réellement l’impact global.
Plusieurs mesures peuvent contribuer à une meilleure utilisation des biens :
Une bonne partie de l’énergie est consommée dans les transports.
Marche à pied
Il faut développer la marche à pied pour relier les points névralgiques de la cité (commerces, marchés, écoles, bâtiments publics, gares). Mettre en place des itinéraires piétons pour mailler ces différents lieux peut être particulièrement utile. Pour cela il faut sécuriser ces itinéraires : largeur et horizontalité des trottoirs, éclairage, sentes et passerelles piétonnes. En particulier la mise en place de Pédibus sécurisés pour amener les enfants aux écoles éviterait les embouteillages aux abords des écoles, sources d’accidents.
Enfin rendre piétons le centre-ville, de façon temporaire à l’occasion d’un événement ou d’une animation, peut redonner aux habitants le loisir de se promener librement sans contrainte de voitures.
Usage du vélo
Un plan de circulation cycliste local sur la ville est un outil indispensable pour s’assurer d’une utilisation du vélo pour les déplacements locaux. Autant le développement des grands axes cyclistes fait l’objet d’une communication tous azimuts, autant les besoins locaux sont souvent négligés. Les points de stationnement des vélos sont à prévoir. Sur l’ensemble de ces dispositifs, l’évolution reste trop lente.
Transports en commun
La fiabilité des transports en commun et la sécurité aux arrêts, même si cela ne dépend pas directement des municipalités, doit être une préoccupation permanente des élus.
Les municipalités peuvent aussi inciter les entreprises de transports par bus à faire la transition de leur parc vers une énergie plus « propre », …
La mise en place de navettes urbaines à la demande est non seulement une manière de réduire l’isolement des personnes à mobilité réduite, mais contribue aussi à réguler la circulation automobile et les besoins de places de parking.
Pourquoi ne pas envisager des navettes fluviales en utilisant la Seine pour relier le centre-ville d’Andrésy au centre-ville de Conflans, ainsi qu’aux îles Nancy et du Devant à Conflans, et qu’au port d’Achères, … Des embarcadères existent.
Circulation routière
Les limitations de vitesse dans la ville, en plus de la sécurité qu’elles apportent, permettent une économie d’énergie et une diminution des nuisances sonores.
L’installation de bornes de recharge électrique publiques est un investissement nécessaire au remplacement des véhicules thermiques.
Le remplacement de la flotte de voitures municipales thermiques par des voitures électriques est d’actualité d’autant que ce type de véhicule n’a pas besoin d’une grande autonomie. Cela peut se faire en passant par un contrat de location sur l’ensemble du parc concerné.
Ce sujet intéresse aussi bien l’ancien bâti que les nouvelles constructions.
Trois techniques sont aujourd’hui disponibles dans ces domaines :
Ces trois techniques s’appliquent aussi bien aux particuliers qu’aux entreprises ou qu’aux installations publiques.
Nouvelles constructions
Il est impensable aujourd’hui de construire maisons individuelles, immeubles collectifs, ou installations publiques n’utilisant pas les meilleures techniques dans ces domaines. La durée de vie de ces installations (qui dépassera certainement les 50 ans) justifie les surcoûts éventuels par les économies et les bénéfices sur le climat sur cette durée.
Les pouvoirs publics doivent imposer ces meilleures techniques : PLUi, permis de construire, influence sur les promoteurs, …
Bâti ancien
Pour les habitations individuelles, cette rénovation ainsi que la production d’électricité dépendent bien-sûr des propriétaires. Néanmoins la municipalité a un rôle à jouer en rendant disponibles les informations nécessaires à cette rénovation, notamment sur les aides financières qui existent, mais aussi sur les diverses techniques qui peuvent être utilisées. Le problème d’installations partagées entre plusieurs propriétaires s’apparente à celui des co-propriétés.
Pour les co-propriétés, le problème se pose différemment. Le nombre de co-propriétés est limité et il est facile de connaître la performance énergétique de ces immeubles. Par ailleurs souvent des bailleurs sont des parties prenantes essentielles. Il faut discuter avec les co-propriétaires, notamment les bailleurs, pour planifier ces rénovations indispensables. Par ailleurs se pose la répartition des coûts énergétiques entre consommateurs : chacun voudra pouvoir maîtriser sa propre dépense énergétique, alors que la production d’énergie peut être collective. Par ailleurs l’adéquation production/consommation peut nécessiter des accords plus larges que la co-propriété elle-même.
Pour les entreprises, c’est l’autoconsommation électrique qui peut être intéressante, car les surfaces de panneaux solaires peuvent être importantes tout comme les consommations d’énergie. Une étude au cas par cas s’impose. La pose d’ombrières sur les parkings et toits de hangars ou magasins devrait trouver son intérêt dans de tels schémas.
Pour les installations publiques, seul un problème financier peut ralentir ces rénovations. Les installations publiques sont connues. Il est facile d’en faire un audit énergétique. Reste à en planifier les rénovations nécessaires en fonction des ressources qui peuvent être mobilisées. Par ailleurs, la concertation avec l’ensemble des parties prenantes peut permettre de mieux comprendre les besoins, et trouver les meilleures solutions : on aurait tort de ne pas en profiter.
Pour des installations importantes, (co-propriétés, entreprises, installations publiques), l’équilibre production/consommation doit être étudié collectivement, ce qui implique les pouvoirs publics (réseaux de chaleur).
En résumé, si les techniques sont relativement simples, leur mise en œuvre est souvent plus complexe, et nécessite un accompagnement que les pouvoirs publics doivent faciliter.
Energies solidaires : https://energies-solidaires.org/
Les règles d’urbanisme doivent répondre aux contraintes environnementales concernant la gestion de l’eau ; le ZAN (zéro artificialisation des sols) doit être respecté, ainsi que le maintien de surfaces non imperméabilisantes lors de nouvelles constructions. C’est une manière de limiter les eaux de ruissellement et d’alimenter les nappes phréatiques.
Sur les surfaces cultivées, la limitation des intrants doit être effectuée de façon à limiter les pollutions des nappes.
Par ailleurs la récupération et l’utilisation domestique des eaux pluviales doivent être favorisées.
La qualité de l’eau potable doit être surveillée, ainsi que la limitation des pertes dans les réseaux.
La gestion des eaux usées doit être stricte.
Sur toutes ces règles, la municipalité se doit au minimum d’un devoir de vigilance.
Notre territoire a des espaces naturels qu’il convient de protéger :
En conclusion la transition écologique, nécessaire à la préservation de la planète et de la qualité de nos vies, ne pourra se faire sans une implication forte des pouvoirs publics de proximité. Ce sont eux qui sont en contact avec les populations et les problèmes écologiques au quotidien. A eux d’être à la hauteur.